9.7.09

Charles Baudelaire
"Les yeux des pauvres"
(Diferença e perturbações...)


Ah! vous voulez savoir pourquoi je vous hais aujourd’hui. Il vous sera sans doute moins facile de le comprendre qu’à moi de vous l’expliquer; car vous êtes, je crois, le plus bel exemple d’imperméabilité qui se puisse rencontrer.
Nous avions passé ensemble une longue journée qui m’avait paru courte. Nous nous étions bien promis que toutes nos pensées nous seraient communes à l’un et à l’autre, et que nos deux âmes désormais n’en feraient plus qu’une ; – un rêve qui n’a rien d’original, après tout, si ce n’est que, rêvé par tous les hommes, il n’a été réalisé par aucun.
Le soir, un peu fatiguée, vous voulûtes vous asseoir devant un café neuf qui formait le coin d’un boulevard neuf, encore tout plein de gravois et montrant déjà glorieusement ses splendeurs inachevées. Le café étincelait. Le gaz lui-même y déployait toute l’ardeur d’un début, et éclairait de toutes ses forces les murs aveuglants de blancheur, les nappes éblouissantes des miroirs, les ors des baguettes et des corniches, les pages aux joues rebondies traînés par les chiens en laisse, les dames riant au faucon perché sur leur poing, les nymphes et les déesses portant sur leur tête des fruits, des pâtés et du gibier, les Hébés et les Ganymèdes présentant à bras tendu la petite amphore à bavaroises ou l’obélisque bicolore des glaces panachées ; toute l’histoire et toute la mythologie mises au service de la goinfrerie.
Droit devant nous, sur la chaussée, était planté un brave homme d’une quarantaine d’années, au visage fatigué, à la barbe grisonnante, tenant d’une main un petit garçon et portant sur l’autre bras un petit être trop faible pour marcher. Il remplissait l’office de bonne et faisait prendre à ses enfants l’air du soir. Tous en guenilles. Ces trois visages étaient extraordinairement sérieux, et ces six yeux contemplaient fixement le café nouveau avec une admiration égale, mais nuancée diversement par l’âge.
Les yeux du père disaient : «Que c’est beau! que c’est beau ! on dirait que tout l’or du pauvre monde est venu se porter sur ces murs. » – Les yeux du petit garçon :«Que c’est beau! que c’est beau ! mais c’est une maison où peuvent seuls entrer les gens qui ne sont pas comme nous.» – Quant aux yeux du plus petit, ils étaient trop fascinés pour exprimer autre chose qu’une joie stupide et profonde.
Les chansonniers disent que le plaisir rend l’âme bonne et amollit le cœur. La chanson avait raison ce soir-là, relativement à moi. Non-seulement j’étais attendri par cette famille d’yeux, mais je me sentais un peu honteux de nos verres et de nos carafes, plus grands que notre soif. Je tournais mes regards vers les vôtres, cher amour, pour y lire ma pensée; je plongeais dans vos yeux si beaux et si bizarrement doux, dans vos yeux verts, habités par le Caprice et inspirés par la Lune, quand vous me dites : «Ces gens-là me sont insupportables avec leurs yeux ouverts comme des portes cochères! Ne pourriez-vous pas prier le maître du café de les éloigner d’ici ?»
Tant il est difficile de s’entendre, mon cher ange, et tant la pensée est incommunicable, même entre gens qui s’aiment !

Charles Baudelaire

2.7.09

Demissão de Manuel Pinho ou remodelação do Governo "out of phase"?
(Mentir ao povo sim, pobreza sim,... Gestos na Assembleia não!!)


"Porque choras tu menino?"
-Aquelele menino fez-me uma careta. Buáááááááááááááááááá...
- Pensei que fosse por causa do Estado da Nação...
O jovem ganha um ar sério e pergunta.
- Nação? Qual Nação?
- Esta onde nos encontramos, o nosso país... Não sabias que na Assembleia da República, foi dia para debater o Estado da Nação?
- O que é isso?
- Seria demasiado complicado explicar-te...
- Explique lá!
- Está bem, vou tentar. Sabes o que são políticos?
- Sim, são aqueles que o meu pai costuma chamar de inúteis e de ladrões...
- São pessoas eleitas pelo povo... hum hum... quando vota! Depois, essas mesmas pessoas, falam entre elas e tentam criar leis e projectos para melhorar o país.
- Quem? Os tais inúteis?
- Sim.
- Hoje, o meu pai tinha a televisão ligada e disse que um desses senhores eleitos, fez um gesto muito feio!
- O gesto não foi assim tão feio, até teria certa piada...
- Mas não se deve fazer gestos feios?
- Na Assembleia?... É melhor não... Por lá, tudo é permitido. Todos podem faltar, mentir, falar sem dizer nada, divergir só para divergir, acusar os outros, ser arrogante, ignorar os outros... até fazer caretas!
- Gestos feios é que não?
- Gestos feios é que não!... Dizem que ofende...

No festival de estranhas intervenções a que pudemos assistir hoje, na Assembleia da República Portuguesa, tivemos direito a mentiras (faz parte), um Presidente zangado, interpelações "substantivas", deputados ofendidos e até uma demissão.
As intervenções sérias dos vários deputados que abordaram assuntos prioritários perderam interesse... os senhores do jornalismo que o digam!
...Bravo! Este é o estado da nossa Nação!

Com respeito por todos os deputados da Assembleia da República Portuguesa e Governos remodelados,

Pierrot le fou